Amis Congressistes, Mesdames, Messieurs,

 

 


Ce menhir de granit, au creux duquel a été déposée, en 1963, une urne contenant les cendres de déportés représente pour le Département de Loire-Atlantique, le Monument de la Déportation. C’est-à-dire le souvenir des différentes victimes des camps de concentration et des camps d’extermination.
Nous, les survivants des camps de concentration, nous n’avons pas oublié que nous étions, pour les bagnes nazis, une force de travail sans droit. Eliminés en cas d’inaptitude au travail.
A l’occasion du Congrès National je retrouve mon camarade de kommando Speer, Serge Dmitrieff. ( Speer nom d’un Ministre nazi) kommando spécialisé dans la récupération des métaux provenant des pays occupés par les armées nazies. Pendant deux années (1944-1945) nous avons subi les longues journées d’activité au camp d’Oranienburg- Sachsenhausen. Celles-ci débutaient dès le réveil brutal de 4 h,4h1/2, selon la saison et se prolongeaient jusqu’au au retour au block(baraque) après l’appel du soir vers 18/19h. Parfois plus tard en raison des sanctions collectives ou des pendaisons.
Chaque matin et quel que soit le temps, la longue colonne « Speer » d’environ 2000 détenus devait parcourir environ 3km pour se rendre au kommando (lieu de travail). Au passage devant la boulangerie industrielle située près du canal, les effluves de pain frais excitaient nos estomacs affamés.

 

Dépôt de la gerbe de l'Amicale, par Jean Lainé, Marcel Suillerot anciens Déportés de Sachsenhausen et M. Dik de Boef, secrétaire du Comité International de Sachsenhausen

 

Pour le retour au camp, après la journée de travail, nous étions très souvent obligés de porter deux briques jusqu’à l’entrée du camp. Ces briques écornées non commercialisables provenaient de la briquetterie Klinker, kommando limitrophe du kommando Speer. Sans doute étaient-elles utilisées pour les besoins du complexe D’Oranienburg-Sachsenhausen.

 

 

 

La constance de la vigilance nous permettait de limiter les mauvais coups. Toutefois et à tout moment de la journée les gardiens S.S pouvaient profiter de leur arme pour assouvir une vengeance, en éliminant l’un de nous.
Souhaitons que, de nos jours, la vigilance soit un facteur de sécurité pour notre société.
Jean LAINE , matricule 66759 kommando Speer

Le témoignage porté par Jean LAINE dans les écoles à conduit ces jeunes élèves et leur professeur à honorer les Déportés en interprétant le Chant des Marais au cimetière de la Chauvinière à Nantes

 

Discours de Jean Lainé, avec à sa droite Marcel Suillerot, tous les deux anciens Déportés du Camp de
Sachsenhausen, et André Lassague secrétaire général de l'Amicale de Sachsenhausen


Nantes, cimetière de la Chauvinière le 22 septembre 2018