**Monsieur Le Maire, Mmes et Mrs les Membres du Conseil Municipal de PRETOT-VICQUEMARE

* Mme et Mr les CONSEILLERS DEPARTEMENTAUX.(absents et excusés)

 

 

 

 

En ce 29 Avril 2017, veille de la Journée Nationale de la DEPORTATION, Nous voici rassemblés devant le Monument aux Morts de PRETOT-VICQUEMARE pour rendre HOMMAGE et Rappeler le SORT de MILLIONS d’ÊTRES HUMAINS qui ont Souffert ou Péri dans les Bagnes NAZIS.

Les DRAPEAUX sont LA, Mais Il en Manque : Ceux de toutes les Puissances dont les Citoyens ont également souffert cet ENFER et pour commencer le DRAPEAU ALLEMAND car, il ne faut jamais OUBLIER que ce sont DES ALLEMANDS qui les premiers

Ont connu l’HORREUR des CAMPS,

Et ce dès 1933.

 

Je dois excuser quelques personnes, déportés d’abord, ou membres actifs des fédérations de déportés,

 

2) Quelques personnalités :

* Mme la secrétaire de mairie de la COMMUNE ( retenue)

*Mr l’abbé BRENTOT, retenu par ses obligations SACERDOTALES.

* Monsieur SAVAJOLS Roger , Ancien Inspecteur d’ Académie , et président de l’ Association des Membres dans l’ Ordre des Palmes Académiques , pour le Département

* Mrs les maires de certaines communes ( YVECRIQUE , HARCANVILLE, etc..)

A la Mémoire de TOUS LES DEPORTES, nous allons déposer la gerbe et OBSERVER UNE MINUTE DE SILENCE ……..avant la Sonnerie aux Morts, que je jouerai à la trompette.

Mr LARCHEVEQUE, Maire de PRETOT-VICQUEMARE , ( ou Mr BONNET , président des Anciens combattants) va lire le message commun des Associations de Déportés pour l’année 2017

Merci à vous tous et vous toutes ici présents, de participer à cette cérémonie du souvenir.

Merci aux associations d'anciens combattants,

Aujourd'hui, à PRETOT-VICQUEMARE comme ce devrait être dans toutes les communes de France, c'est avec émotion et solennité que nous commémorons la tragédie de la Déportation :

« La FRATERNITE , c’ est le seul lien , le seul ESPOIR qui reste à l’ Humain dans ces derniers instants , lorsqu’il a tout perdu , et qui lui conserve son HUMANITE »

1945-2017 : il y a 72 ans, était révélée au monde la monstruosité des crimes contre l’ Humanité commis par les NAZIS .

« vous entrez ici, par la porte ; vous n’en sortirez que par la cheminée. » Josef KRAMER , commandant du STRUTHOF, accueillait avec ces quelques mots les prisonniers qui franchissaient la porte du camp implanté en Alsace par les Allemands . L’ officier, zélé collaborateur du régime Hitlérien , était l’ ultime rouage de l’ idéologie nazie telle qu’elle fut élaborée dans « MEIN KAMPF » et complétée au fil des ans par les dirigeants du REICH. Le but était de réduire les DEPORTES à une entité déshumanisée , décrite par ce MOT TERRIBLE : le « STÜK » , une chose , un morceau, une pièce détachée .

Question à laquelle NUL ne pouvait répondre : « Combien de temps peut-on vivre sans le moindre soin, sans hygiène, sans médicaments, dans un état de famine endémique qui éteint toute existence ? » . Chaque DEPORTE a mesuré dans sa chair et dans sa conscience ce que Jean FERRAT, dans sa chanson « NUIT et BROUILLARD » appelait « la fuite monotone et sans hâte du temps » Il leur fallait survivre encore un jour, une heure obstinément…Il leur fallait lutter également contre la BRUTALITE , l’ Absurdité codifiée , « légalisée » par le régime nazi.

Dans son livre , Hitler résume ainsi l’ essentiel de sa doctrine : « la race ARYENNE NORDIQUE est la DETENTATRICE de toute CULTURE , la vraie représentante de TOUTE l’ HUMANITE…..la RACE GERMANIQUE est supérieure à toutes les AUTRES et la LUTTE contre l’ ETRANGER , contre le JUIF, contre la SLAVE , contre les races inférieures est SAINTE.. »

HERMANN RAUSCHNIG qui fut un des proches du FÜHRER ( avant de s’ opposer à lui…….) raconte ses confidences et propos privés : « nous devons être cruels , nous devons l’ être avec une conscience tranquille » ( déclaration de 1934) . En février 1933, Hitler ajoute… : « Nous sommes des Barbares et nous voulons être des Barbares ! le monde ne peut être gouverné que par l’ EXPLOITATION de la PEUR ».

L’Univers concentrationnaire sera le lieu où les Barbares exploiteront la PEUR de la manière la plus BRUTALE.

RAUSCHNIG témoigne que « les gardiens qu’on recrutait pour le service des CAMPS étaient systématiquement choisis dans les bas-fonds et les milieux criminels….on introduisait dans les formations paramilitaires des groupes spéciaux d’alcooliques notoires et de délinquants récidivistes »

Mis au courant des réactions choquées d’une partie de son peuple, Hitler piqua une colère noire avant de préciser : « je ne veux pas qu’on transforme les camps de concentration en pensions de famille. »

Un homme mettra toute son énergie à faire de ces sites, des lieux privés de tout sentiment Humain : THEODOR EICKE , nommé en 1934 , inspecteur des camps de concentration.

RUDOLF HOESS a raconté dans son livre de souvenirs : « EICKE voulait supprimer chez les SS tout sentiment de pitié à l’ égard des prisonniers , une antipathie et une haine difficilement imaginable pour des gens du dehors »

Choqué d’ entendre certains Officiers SS se plaindre de leur rôle de « bourreaux » , EICKE les réunit peu de temps après le déclenchement de la GUERRE pour une mise au point « musclée » : « Tout adversaire doit être soit interné, soit anéanti selon le degré de danger qu’ il représente »…….Il ne risquait pas de choquer son chef , HEINRICH HIMMLER , qui le 24 avril 1943 , rappelle à ses troupes qu’ il faut « éveiller la PEUR et semer la TERREUR : c’ est une ARME EXTRAORDINAIRE et il ne faut pas la laisser s’affaiblir » . Dès 1937, le même homme fixait le rôle des camps de concentration : « BRISER la VOLONTE de CEUX qui y sont enfermés »

Les témoignages des survivants confirment cet acharnement à détruire toute parcelle d’ HUMANITE . La torture dans les caves de la GESTAPO , les jours de claustration subis dans les wagons étaient les premières étapes de ce parcours de déshumanisation . Epuisés, malades, blessés, choqués , les malheureux broyés dans la machine concentrationnaire emploient souvent le même mot pour décrire leur état d’ esprit : l’ HUMILIATION.

Témoignages de HELIE de SAINT MARC , BRIGITTE FRIANG , EUGENE MARLOT……écoutez son témoignage …. aussitôt après, les arrivants sont pris dans la chaîne administrative tout aussi terrifiante : «  ce sont les suprêmes humiliations : fouillés de partout , de la bouche comme au derrière , pour voir s’ ils n’ y cachent pas un bijou quelconque, anneau de mariage par exemple ; tondus comme des moutons et rasés de la tête aux pieds ; lavés et désinfectés , on fait ensuite d’ eux de grotesques épouvantails à moineaux. L’ intention est nette : il fait qu’ ils apparaissent ridicules, méprisables aux yeux des Autres….. »

Je parle surtout de témoignages de survivants du STRUTHOF ….(HENRI ROSENCHER, Médecin du VERCORS , MGR PIGUET , évêque de CLERMONT FERRAND qui a raconté dans son livre « prison et déportation » combien son statut d’ ecclésiastique, lui a réservé quelques humiliations supplémentaires.

La vie ou plutôt , la survie dans l’ univers concentrationnaire ressemble aux cercles de l’ enfer. Les Allemands agissent selon deux principes apparemment contradictoires : annihiler leurs adversaires tout en les faisant travailler, à leur profit et pour le compte de l’ industrie de Guerre. Un monstrueux calcul de RENTABILITE a permis aux nazis de fixer à 9 mois la durée de vie d’ un déporté. Une fois cet « amortissement » réalisé , le malheureux peut MOURIR . Cette mathématique de l’ HORREUR a évidemment ses limites …..et que les conditions……….abrégeaient l’ existence de nombreux DEPORTES !

La vie du déporté est rythmée par les appels , autre moment où les gardes s’ ingénient à maltraiter les prisonniers .

En décembre 1942, à la suite de la « disparition » d’un paquet de cigarettes au poste de police , le commandant du camp décide de punir tous les déportés…et voici le témoignage de MARTIN WINTENBERGER : bise glaciale , thermomètre affichant autour de -10 degrés , appel NU !. ; des morts sous la morsure du froid ………vision dantesque sous les faisceaux crus des projecteurs !........................Le supplice va durer 4 heures !

Je pourrais vous donner un autre témoignage , celui de AIME SPITZ , qui a vu un chien se ruer sur un DEPORTE. Même les Animaux sont transformés en ARMES !

La faim , elle, ne disparaissait jamais. La ration alimentaire, déjà réduite au minimum , se réduisait davantage pour une raison ou une autre.

SIMONE SAINT-CLAIR décrit une scène à RAVENSBRÜCK : «  deux porteuses ont renversé un bidon trop lourd pour leurs membres affaiblis. Les femmes qui passaient se sont jetées par terre pour laper le liquide répandu sans se soucier des coups que leur assenait une surveillante ».

 

Le célèbre camp de DORA , où les Allemands fabriquaient les V1 et les V2 fut l’ un des pires lieux de l’ esclavage nazi.

En décembre 1943 , ALBERT SPEER , ministre de l’ Armement visita le site à la tête d’ une Délégation ……certains des membres ( de cette délégation) furent si éprouvés qu’ il fallu les contraindre à prendre un congé pour soigner leurs nerfs !

«  QUEL AVEU ! LES DEPORTES , EUX, CONTINUAIENT A TRIMER. »

Le système nazi fut également une entreprise d’ enrichissement de ses dirigeants . Le travail effectué dans les camps était facturé aux industriels. L’ arithmétique monstrueuse est allée jusqu’ à calculer qu’ un déporté survivant 9 mois , était tenu de rapporter un bénéfice de 1431 R M.

J’ ai évoqué dans mes précédentes « leçons d’ Histoire , les « marches de la MORT » , les BAUBRIGADES » .

Je ne vais pas y revenir ……cette année .

. Je viens de vous donner d’ autres témoignages.

Cette date où nous décidons de rendre hommage à ceux qui ont subi le traumatisme de la déportation ne nous a pas été imposée, elle est l'œuvre de notre conscience. ( une Loi de 1954 , a fixé cette date..)

C'est parce que nous y attachons une signification toute particulière que nous nous rassemblons aujourd'hui.

Nous allons tous ensemble entonner le « Chant des Marais »,le chant des Déportés. Je vais le jouer 2 fois à la trompette et nous pourrons le reprendre tous ensemble, le chanter……….( je vais faire distribuer les paroles…..et n’ ayez , crainte je vais le chanter avec VOUS )

Avant de Conclure, reprenons cette « Marseillaise » comme elle le fut au lendemain de la Libération du Camp de Buchenwald. Tous les Hymnes alliés furent joués. Mais quand les Français défilèrent sur la Place d’Appel devant les Officiers Américains, elle fut reprise par 20 000 hommes libres représentant 22 Nationalités.

Mon allocution ne ressemble pas à celle des autres années . Mais ,

Je ne peux changer l’ HISTOIRE.

J’essaie toujours d’ apporter un petit grain de nouveauté …. Chaque année.

L’an prochain, en 2018 , ma cérémonie aura lieu à GONZEVILLE ,près de DOUDEVILLE et bien entendu à PRETOT-VICQUEMARE , comme chaque année.

En 2019 , je serai à VEAUVILLE LES BAONS……..

En 2020, à ST CLAIR SUR LES MONTS.

et après ,…j’ attends que des communes me sollicitent (je voudrais d’ abord aller dans les communes où je ne suis jamais allé).

Je voudrais que la petite Flamme de l’Esprit des Camps ne s’éteigne pas, qu’elle témoigne contre l’OUBLI et pour le Souvenir des Disparus, qu’ elle indique le Chemin de la VIGILANCE et de l’UNION NECESSAIRES pour empêcher le RETOUR d’un PASSE ABHORRE.

Je voudrais qu’Elle brille avec toutes les Autres qui, en France et dans le Monde , symbolisent la VOLONTE de DIGNITE , de JUSTICE, de PROGRES des HOMMES, le DESIR de LIBERTE , d’ INDEPENDANCE et de PAIX des PEUPLES.

( je me répète comme les autres années , mais Rien ne change vraiment)

Par cette Cérémonie qui se termine maintenant, je vous confie cette FLAMME. Je Souhaite que de plus en plus de Villages rendent Hommage à TOUS LES DEPORTES. Vous pouvez de vous-mêmes ORGANISER , SEULS, une MANIFESTATION dans votre VILLAGE …..pour ne pas OUBLIER !

( vous n’ êtes pas obligés de terminer par un verre de l’ Amitié : pour moi , ce jour est un jour de DEUIL)

MERCI d’être venus. Et PENSONS qu’OUBLIER l’ HISTOIRE, C’EST ETRE CONDAMNES à LA REVIVRE. La MEMOIRE NE VAUT QUE SI ELLE ENGAGE LE PRESENT ET PREPARE l’AVENIR. Encore MERCI .

JE FORME LE SOUHAIT QUE CHACUN CONSERVE FIDELEMENT EN MEMOIRE LES PAROLES D’AVERTISSEMENT DE L’ ECRIVAIN ALLEMAND BERTOLD BRECHT :

« Voilà ce qui a failli dominer une fois le monde

Les peuples ont fini par en avoir raison

Mais nul ne doit chanter victoire hors de saison

Le ventre est encore fécond d’où peut surgir la bête immonde »

Souhaitons donc que cette journée ne reste pas seulement une journée d'hommage et de souvenir, mais que la menace d'un cauchemar aussi terrible soit à jamais écartée de la conscience des hommes.

 

Je vous remercie.

« il faut obéir avec sa conscience »