HOMMAGE A LA RESISTANCE FER

 

Chers Cheminots, Mesdames Messieurs, Chers Amis,

L’Amicale de Sachsenhausen depuis de nombreuses années débute son Congrès national en se recueillant devant la Stèle dédiée aux Cheminots Résistants, Déportés.
Ces hommes qui n'ont pas hésité à risquer leur liberté et souvent leur vie pour que perdurent les valeurs républicaines. Ils firent face devant la barbarie nazie afin qu’elle recule et combattirent pour que l'humain retrouve sa place au sein de la société.
La part prise par les Cheminots dans la lutte contre l’occupant fut : le sabotage des voies ferrées et de locomotives, détournements de convois de matériel militaire, passages clandestins de la ligne de démarcation.

Nous tenions à remercier M. Laurent Eseinman, directeur des affaires territoriales de la SNCF, Pays-de-la-Loire pour sa présence à cette cérémonie en hommage aux combattants de la Résistance Fer. Ici au centre de l'image, entouré de deux anciens Déportés du Camp de Sachsenhausen. M. Jean Lainé et M. Marcel Suillerot

 

Ainsi Pierre Sémard, né en 1887, dans une famille très modeste, et qui a dû travailler à la mort de son père à l'âge de11 ans, s'engagera très tôt dans la vie sociale puis militante. Au sein de la compagnie PLM, dans laquelle il travaille dès 1909 il exerça de nombreux mandats syndicaux dont celui de Secrétaire Général de la Fédération des Chemins de Fer, l'un, de juin1921 à juin1924, l'autre plus tard de juin 1934 à sa mort

Il exercera aussi des fonctions politiques : il sera élu Conseiller Général communiste de la Seine de 1935 à 1940
Ce sont ces fonctions qui lui vaudront d'être arrêté dès 1939.
Il passera par les prisons de Loches, Fresnes, Bourges et Evreux.
C'est là qu'il est livré par l'Etat français aux autorités allemandes comme otage qui le fusilleront avec d'autres le 7 mars 1942.
Le 15 janvier 1943 s'ouvre à Nantes le procès de 42 résistants communistes qui comparaissent devant un tribunal nazi. Au soir du deuxième jour du procès, une explosion retentit à la gare de triage SNCF du Grand Blottereau. Les Francs-tireurs partisans français (FTPF) viennent de faire sauter le pont tournant et la station de pompage. Une opération préparée depuis fin décembre 1942. Fort de sa connaissance des lieux, Lucien Lemasson, chef du groupe FTP de la gare de triage propose de réaliser le sabotage un samedi soir, après le départ de la dernière navette des ouvriers à 20 h 15. « Nous nous décidons pour le 16 janvier 1943, j'étais d'astreinte, cette semaine-là ce qui facilitait ma présence et je pouvais alerter au cas où les nazis auraient fait une ronde dans le dépôt » et, le 16 janvier 1943 à 20 h 45, à la minute précise, plaque tournante et pompes à eau volaient en éclats ».
Rendons hommage aussi aux 115 cheminots tués en Loire Inférieure (de l’époque) pour faits de guerre entre 1939 et 1940 et tout particulièrement aux 20 cheminots Nantais fusillés ou déportés pour faits de Résistance
Le premier des 9 fusillés sera Marin Poirier, au champ de Bêle le 30 août 1941. Ils seront 11 morts en déportation dans différents camps de concentration.

Dépôt de la gerbe de l'Amicale par Mireille Cadiou, présidente de l'Amicale de Sachsenhausen, avec Jean Lainé et Marcel Suillerot anciens Déportés.

 

Pour toutes ces actions le prix à payer par les Cheminots fut très lourd :
2 744 Déportés, dont la moitié sont morts dans les camps. 3 618 Internés,
809 Fusillés et 40 morts en prison.
Pour sa participation, le réseau Résistance Fer a été décoré de la Croix de guerre avec palme et de la médaille de la Résistance avec rosette.

La SNCF elle-même est décorée de la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur. Cette Stèle rappellera aux voyageurs que, pendant les quatre années douloureuses de l’occupation, les Cheminots ont pris une large part à la lutte contre l’occupant.

André Lassague, secrétaire général de l'Amicale de Sachsenhausen

 

Devant la Stèle la gerbe de l'Amicale et la gerbe de la CGT cheminots de Nantes