Bulletin

Ambassade de France avril 2022

 

Il y a 77 ans prenait fin en effet le système concentrationnaire et génocidaire nazi dont le monde découvrait l’horreur, à mesure de la progression des Armées alliées et des récits des survivants.

Confrontés à la mort omniprésente, à la déshumanisation programmée, à la terreur, aux souffrances incessantes que la faim, la maladie et la brutalité de leurs gardes leur infligeaient, nombre de déportés surent pourtant organiser une résistance et une solidarité exemplaires que beaucoup payèrent de leur vie mais qui sauvèrent de nombreux autres.

Sortis de cet enfer, fidèles aux serments qu’ils prononcèrent à la Libération, aux idéaux de Liberté, de Fraternité et de Paix, de nombreux survivants prirent une part active à la construction d’une Europe nouvelle, voulue pacifique et solidaire, et militèrent inlassablement pour que partout dans le monde soient respectés les droits de l’Homme et la démocratie.

La résurgence d’idéologies porteuses d’exclusions, les tentatives de réécriture de l’Histoire nous font aujourd’hui obligation de poursuivre leur combat et d’entretenir les valeurs qu’ils ont portées, dans un monde marqué par les guerres, la pauvreté, les inégalités, le dérèglement climatique, qui jettent sur les routes d’un exil souvent sans issue et mortifère, des milliers d’êtres humains en détresse.

Dans un monde où l’on voit ressurgir le spectre des dictatures, des replis nationalistes et des frontières qui se ferment, l’espoir pour l’avenir réside dans la pérennité de ce combat.

Ce message de la journée de la déportation prend toute sa dimension en cette année 2022 .

En effet, de sombres nuages encombrent notre ciel, que nous avions pensé, notamment nous, nouvelles générations, presque disparus de notre horizon.

Avec la guerre, en Ukraine, chacun de nous est porteur de parcelles de traumatismes vécus ou hérités, hantise et effrois.

Le socle de nos convictions se trouve ébranlé aujourd’hui mais toujours aussi solide car les serments des déportés vers la paix universelle restent notre héritage.

Sur une note plus optimisme, notre pays vient de connaitre une élection présidentielle.

Au cours de la campagne électorale, les idées porteuses d’exclusions ont été largement diffusées par l’extrême droite et ont connu un écho important dans notre pays.

Avec réalisme, une large partie de la population et notamment les jeunes ont souhaité faire barrage à ces idées indignes du pays des droits de l’homme.

Néanmoins, ne nous trompons pas, il faudra encore et encore, expliquer, démontrer, se souvenir de notre histoire.

Notre tâche n’est donc pas terminée. L’exigence et la voie du pacifisme restent notre horizon. C’est assurément la raison de notre présence pour ce pèlerinage au camp de Sachsenhausen.

Madame l’Ambassadrice, nous savons l’intérêt que vous portez à notre démarche, particulièrement en vous rendant régulièrement au camp de Sachsenhausen et nous vous assurons de toute notre reconnaissance.

De même, nous sommes très sensibles et attachés à notre visite à l’Ambassade de France.

Au nom de l’amicale de Saschsenhausen, je vous remercie du temps que vous nous consacrez et pour cette réception en notre honneur.

Mireille CADIOU, présidente de l’Amicale de Sachsenhausen