Bulletin

Nouvelle Aquitaine

 

VOYAGES PEDAGOGIQUES de MEMOIRE

en ALLEMAGNE d’un LYCEE de BRIVE « Corrèze »

 

Du 03 au 09 octobre et du 12 au 18 octobre 2022, 99 élèves du lycée Bossuet de l’Ensemble scolaire Edmond Michelet de Brive, ont réalisé deux voyages intitulés « Parcours de Mémoire », avec au 1er voyage leur chef d’établissement et leurs deux professeurs puis au 2 e voyage leurs 2 professeurs, toujours accompagnés à chaque voyage par Christine Cavaillès et Rosette Rigon-Gouffault, filles de déportés, initiatrices de ces voyages.

Devant l'entrée du Camp La Tour A

Ils ont suivi les pas de la Résistance et de la Déportation qui ont commencé à Lyon avec la visite du Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation. Puis, direction l’Allemagne. La route fut longue pour arriver à Munich. Ils ont visité le Centre de documentation sur l’histoire du national-socialisme où est illustrée la chronologie de la montée du nazisme à partir des années 1920 jusqu’à la chute d’Hitler en 1945. Puis, dans la ville de Munich, une visite commentée les a guidés sur les traces du 3 ème Reich : immeuble des bureaux d’Hitler, rue des opposants au « régime nazi », place des grands rassemblements nazis, etc. Forts de ces approches de l’histoire du nazisme, les élèves ont découvert le camp de concentration de Dachau avec ses immenses esplanades où se trouvaient les baraques aujourd’hui disparues, son musée, ses fours crématoires, sa chambre à gaz.

Élèves de Première et de Terminale du 1  groupe

 

Premier camp ouvert dès 1933, de nombreux corréziens y furent déportés, notamment Edmond Michelet, ancien ministre. Ensuite, les voyages se sont poursuivis vers le nord de Berlin avec la visite du camp de concentration de Sachsenhausen. Ce camp, où furent déportés l’oncle de Rosette et le père de Christine, fut aussi le Q. G. des centres d’expérimentation et de formation des S.S. Les élèves visitèrent ensuite le camp de Ravensbrück où furent emprisonnés essentiellement des femmes et des enfants dans des conditions de détention aussi cruelles que celles des hommes, tant au niveau des travaux à effectuer que des sévices subis. Puis ils ont suivi les routes des « Marches de la Mort » et plus particulièrement celles qui sont passées par le Bois de Below. Situé dans la forêt, un musée y est installé et de nombreuses explications y sont données sur ces terribles marches forcées, étapes funestes de l’évacuation des camps de Sachsenhausen et Ravensbrück notamment. Des dizaines de milliers de déportés affamés et amaigris, contraints de marcher vers la mer Baltique sous les coups des SS fuyant l’avancée des troupes alliées, y sont morts.

Élèves de Seconde du 2  groupe

Ces périples se sont terminés dans la ville de Berlin avec la visite de certains lieux de mémoire comme le Mémorial de l’Holocauste, les pans du mur séparant Berlin Ouest et Berlin Est, le Check Point Charlie poste frontière le plus connu de l’époque de la guerre froide, etc. Enfin, les élèves ont visité le musée de la « Topographie de la Terreur » où sont relatées les innombrables exactions commises par les nazis pendant la seconde guerre mondiale en Allemagne et en Europe.

 

Jet de roses dans le lac de Ravensbrück

 

Ces voyages sont une véritable leçon d’histoire concrète. Les minutes de recueillement et les dépôts de roses au pied des monuments dans les camps précités, sur les stèles des « Marches de la mort », dans la forêt de Below et au bord du lac de Ravensbrück pour honorer tous ceux qui ont combattu pour la liberté, ont été des moments forts et touchants de ces voyages. Les sentiments et les émotions dont les élèves nous font part, nous montrent qu’ils s’éveillent à la prudence et à la prise de conscience du danger que peuvent apporter le totalitarisme, la xénophobie, le fanatisme, l’antisémitisme, le rejet de l’autre. Mais ils ont compris également combien la solidarité entre ces femmes et ces hommes soumis perpétuellement à la souffrance et à la barbarie les ont aidé à survivre et à surmonter l’insurmontable. Ces parcours les ont amenés à une réflexion sur la tolérance, la solidarité, le respect, la liberté et la nécessité de paix mais aussi sur la vigilance afin que ces atrocités ne se reproduisent plus. Ces voyages pédagogiques contribuent à ce que les jeunes générations, qui sont nos « passeurs de mémoire » réfléchissent et agissent pour un monde libre dans la paix.

Les élèves devant le Monument du bois de Below